Evotec et Bayer font passer un nouvel anticorps en phase 2 d'essai clinique pour le syndrome d'Alport
Evotec SE a annoncé une étape clinique importante dans le cadre de son partenariat de longue date avec Bayer AG, alors que Bayer lance une étude clinique de phase 2 sur le BAY 3401016, un anticorps monoclonal ciblant la sémaphorine-3A (Sema3A), pour le traitement du syndrome d'Alport.
Ce programme est le fruit d'une collaboration de recherche multi-cibles entre les deux sociétés, axée sur les traitements innovants des maladies rénales. Selon les termes de l'accord, Evotec recevra un paiement d'étape lors de l'administration du premier traitement à un patient dans le cadre de cet essai, qui devrait avoir lieu début 2026.
L'étude de phase 2a de Bayer, baptisée ASSESS, est conçue comme un essai clinique randomisé, en double aveugle, contrôlé par placebo, en groupes parallèles, avec une phase d'extension, reflétant une approche rigoureuse pour évaluer ce nouveau candidat thérapeutique.
L'essai évaluera l'efficacité et la sécurité d'emploi du BAY 3401016 chez des adultes âgés de 18 à 45 ans atteints du syndrome d'Alport. En se concentrant sur cette population d'adultes plus jeunes, l'étude vise à intervenir à un stade où le ralentissement de la progression de la maladie pourrait avoir un impact significatif sur les résultats à long terme.
La collaboration entre Evotec et Bayer remonte à août 2016 et est structurée de manière à soutenir l'ensemble du cycle de vie du développement de médicaments. Outre l'étape actuelle, l'accord comprend des dispositions relatives à des paiements supplémentaires liés au développement et aux ventes, ainsi qu'à des redevances échelonnées sur les ventes nettes futures, si le BAY 3401016 franchit avec succès les essais de phase avancée et aboutit finalement à la commercialisation.
Ce cadre souligne l'engagement des deux entreprises en faveur d'investissements à long terme dans la recherche sur les maladies rénales et à l' innovation.
Le directeur scientifique d'Evotec s'est montré très optimiste quant aux progrès réalisés par le BAY 3401016, soulignant que le passage à la phase 2 du développement clinique marque une avancée importante pour un programme créé conjointement afin de lutter contre une maladie particulièrement difficile à traiter.
Ils ont souligné que le syndrome d'Alport affecte principalement les reins, apparaissant souvent dès l'enfance et s'aggravant au cours de la vie du patient. Au-delà des symptômes physiques, ils ont mis en avant le fardeau considérable que représente la prise en charge de la maladie, en particulier aux stades avancés de l' insuffisance rénale, et ont insisté sur le besoin urgent de nouvelles options thérapeutiques susceptibles d'améliorer la qualité de vie des patients et de leurs familles.
Le CSO a également félicité Bayer pour le lancement de l'étude de phase 2 et a souligné la fierté d'Evotec de soutenir l'avancement continu de ce programme.
Au cœur du mécanisme d'action de BAY 3401016 se trouve la Sema3A, une protéine de guidage extracellulaire et régulatrice du cytosquelette d'actine. Dans le contexte de la santé rénale, la Sema3A a attiré l'attention car sa régulation à la hausse dans les reins lésés a été associée à la progression des maladies rénales aiguës et chroniques.
L'anticorps développé conjointement par Bayer et Evotec est conçu pour bloquer l'activité de la Sema3A, dans le but de ralentir la progression de la maladie et de retarder l'apparition d'une insuffisance rénale terminale chez les personnes atteintes du syndrome d'Alport. En cas de succès, cette approche pourrait représenter une nouvelle classe de traitement ciblé pour les maladies rénales héréditaires.
Le syndrome d'Alport est une maladie génétique qui se caractérise principalement par une affection rénale, mais qui s'accompagne aussi souvent d'une une perte auditive et des anomalies oculaires. La plupart des personnes touchées souffrent d'une détérioration progressive de leur fonction rénale, et beaucoup finissent par développer une insuffisance rénale terminale nécessitant une une dialyse ou une transplantation.
La perte auditive apparaît souvent à la fin de l'enfance ou à l'adolescence, ce qui alourdit le fardeau des patients et de leurs familles. Cette affection est le plus souvent héréditaire selon un mode lié au chromosome X, mais des formes autosomiques récessives et, plus rarement, autosomiques dominantes sont également reconnues, ce qui complique le diagnostic et le conseil familial.
En conclusion
Alors que l'étude ASSESS est en cours, le lancement de cet essai de phase 2 représente une étape importante et prometteuse pour la communauté Alport et pour la recherche sur les maladies rénales en général.
BAY 3401016 rassemble les dernières découvertes en matière de biologie du Sema3A, fruit d'un partenariat de recherche entre Evotec et Bayer qui dure depuis une décennie. Bien qu'il reste encore beaucoup à faire avant que le plein potentiel de cet anticorps puisse être confirmé, cette nouvelle étude marque un véritable tournant vers l'amélioration des options thérapeutiques.
Pour les patients, les familles, les cliniciens et les chercheurs, cette avancée suscite un certain optimisme quant à la possibilité que des traitements ciblés puissent, à l'avenir, contribuer à ralentir la progression vers l'insuffisance rénale terminale et améliorer la qualité de vie quotidienne des personnes atteintes du syndrome d'Alport.
Crédits d'actualité : Bayer entame la phase 2 des essais cliniques d'un nouveau traitement contre le syndrome d'Alport
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